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Écrire dans la tempête

Bien sûr, nous, nous avons la Seine. Mais elle roule des eaux grises dans un Paris qui ne se reconnaît plus. Le vent des guerres, proches ou plus lointaines, et les tornades internes aux enfers politiques, emportent tout dans leur tournoiement, plus particulièrement peut-être la capacité à penser, à prendre conscience du temps, à exister dans la durée : le souffle puissant et l'imminence relative des désastres produisent un sentiment d'urgence et de panique mêlées ; ou bien le déni, radical, ne rien vouloir savoir. Quelle place prendre dans ce désordre ? Quelle part de pensée peut-elle s'extraire de l'entropie provoquée, à l'œuvre dans ces jours, destinée sans doute à la réorganisation du paradigme social qui semblait s'enkyster dans un lourd impossible, rendant toute chose précaire, incertaine, et peut-être sans valeur devant son imprévisible destin. Écrire, est-ce résister ? Ou bien écrivons-nous de ce présent vers d'autres temps, comme témoignage d'un éclair de sens ? Ou bien encore, n'est-ce pas vivre et donner encore quelque pulsation possible, comme ondes du vivant qui se diffuseront longuement sur le plan d'immanence d'un lointain réel, au delà de toute forme du spectaculaire ?

EB

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